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Inflation. En Inde, les tomates deviennent un produit de luxe

 

Le prix des tomates indiennes monte en flèche à cause de la chaleur et des pluies diluviennes : +445 % par rapport au début de l’année. La question est sensible dans un pays où des partis politiques ont déjà perdu les élections faute de pouvoir contrôler le prix des oignons, autre ingrédient essentiel de la cuisine de tous les jours.

À New Delhi, fini les rondelles de tomate dans les hamburgers : les McDonald’s de la capitale indienne viennent de renoncer à cet ingrédient tenu jusqu’à présent pour indispensable. En cause : la pénurie de tomates de qualité depuis le début de la mousson, rapporte Mint. “En raison de problèmes saisonniers touchant certaines régions, les quantités disponibles répondant à nos critères de qualité ne sont pas suffisantes”, s’est justifié un porte-parole de la chaîne de restauration rapide.

De fait, les températures élevées et les fortes pluies des dernières semaines ont sévèrement affecté les récoltes du légume fruit dans les principales zones de production, explique le quotidien indien. Conséquence : le prix du kilo de tomates est monté en flèche. “Dans la capitale, les tomates valaient 120 roupies [soit 1,32 euro] le kilo jeudi [6 juillet]”, contre 22 roupies [0,24 euro] en début d’année, selon les données compilées par le ministère de l’Alimentation.

Le même jour, le litre d’essence était affiché à 96 roupies (1,06 euro) dans la capitale indienne, signale Bloomberg, qui titre sur cette spectaculaire flambée du cours de la tomate. “Les intempéries ont fait grimper les prix de 445 %”, écrit le média américain, qui souligne que le prix des tomates est une question ultrasensible dans le pays le plus peuplé du monde. “Des partis politiques au pouvoir ont déjà perdu les élections parce qu’ils ne pouvaient pas contrôler le prix des oignons, un ingrédient essentiel des principaux plats de la cuisine de tous les jours”.

Un problème structurel

En attendant, la flambée des prix alimente déjà la délinquance. Dans l’État du Karnataka, dans le sud du pays, un agriculteur a ainsi signalé un vol de tomates pour un montant de 150 000 roupies (1 650 euros), rapporte le Hindustan Times.

En Inde, il est habituel que le prix des tomates augmente en juin-juillet, puis à nouveau en octobre-novembre en raison des baisses de production saisonnières, mais pas dans des proportions aussi spectaculaires que cette année, souligne Indra Shekhar Sing sur le site de Firstpost, webzine de Bombay. “Avec les oignons et les pommes de terre, les tomates sont des aliments de base essentiels dans l’alimentation indienne. Les ruptures dans la chaîne d’approvisionnement et les pertes après récolte sont des problèmes structurels qui affectent la sécurité alimentaire du pays.”

L’Inde manque de plans d’urgence climatique pour les principales cultures vivrières, explique ce spécialiste de l’agriculture, “d’où l’anarchie sur les marchés”. Une situation dont les consommateurs font les frais.

World Opinions + Courrier international

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