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Histoire.Le putsch raté de Wall Street contre Roosevelt

 

1933. États-Unis. En plein marasme économique, l’élection de Roosevelt, jugé trop à gauche, ne fait guère l’unanimité auprès des milieux d’affaires, qui cherchent à l’écarter du pouvoir.

Le plan élaboré par Donald Trump pour tenter de renverser son successeur, démocratiquement élu, ne devait rien à l’impulsion ni à l’improvisation. Il s’inspirait directement d’un précédent méconnu de l’histoire des États-Unis : le “putsch de Wall Street”, ourdi en 1933 contre Franklin Roosevelt, élu depuis peu.

Paranoïa ambiante

En 1933, les États-Unis touchent le fond – quatre ans ont passé depuis le krach de 1929, le chômage frappe 16 millions de personnes, plus de 5 000 banques ont fait faillite, et des centaines de milliers de familles n’ont plus de toit.

Un tel désespoir économique alimente l’inquiétude et la peur, et politiciens exaltés et suprémacistes blancs s’emploient à nourrir la paranoïa ambiante en agitant les spectres du communisme, d’un complot mondial ou de la menace intérieure. Les populistes attaquent Roosevelt à coups de refrains au vitriol marqués par l’antisémitisme et le fascisme, reprenant aussi à leur compte le slogan “America First”, forgé par le magnat des médias William Randolph Hearst.

Le 4 mars 1933, plus de 100 000 personnes sont rassemblées à Washington pour la cérémonie d’investiture de Roosevelt. On redoute des émeutes dans plusieurs grandes villes du pays. Sur le parcours, l’armée a placé des mitrailleuses et des tireurs d’élite. La capitale américaine ne s’était pas barricadée ainsi depuis la guerre de Sécession.

Les mesures audacieuses et novatrices du New Deal de Roosevelt exaspèrent les puissants banquiers, capitaines d’industrie et magnats de Wall Street, qui redoutent de voir leur fortune personnelle menacée par des dépenses publiques débridées.

World Opinions - theguardian.com

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