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Au Chili, des violences policières attisent la tension à l'approche de l'anniversaire du mouvement contre les inégalités sociales

 Les rassemblements du vendredi soir ont repris de plus belle dans la capitale chilienne Santiago, après qu'un adolescent a été jeté d'un pont par un policier lors d'une manifestation le 3 octobre 2020.

Au Chili, le mouvement social contre les inégalités, déclenché au départ par la hausse des prix des transports publics, retrouve de sa vigueur à l'approche de son premier anniversaire, le 18 octobre. Les manifestants veulent aussi une nouvelle constitution, alors qu'un référendum pour ou contre l'abandon de la constitution actuelle, héritée de la dictature de Pinochet, est prévu le 25 octobre prochain. Dans ce contexte inflammable, une affaire de violences policières est venue raviver les tensions dans les rues de Santiago.

Un jeune manifestant poussé du haut d'un pont par un policier

Vendredi 3 octobre, une image choque les Chiliens. La photo d'un adolescent de 16 ans, face contre terre et en partie immergé dans une rivière qui traverse Santiago. Des vidéos existent également, notamment celle tournée par un journaliste, sur lesquelles on aperçoit un policier pousser le jeune homme et provoquer sa chute, de plus de sept mètres de haut. L'adolescent est maintenant hors de danger, mais il souffre de multiples fractures.

Cette affaire révolte les manifestants. D'autant plus qu'elle vient s'ajouter à des centaines de cas de violations des droits de l'Homme commises par les forces de l'ordre lors du mouvement social contre les inégalités. Depuis vendredi 3 octobre, plusieurs rassemblements, dont certains violents, se sont déroulés à Santiago, en réaction à cette affaire.

La police est sous pression, car sa réputation est déjà bien entachée après les violences policières constatées l'an dernier. Les carabiniers chiliens ont annoncé qu'ils allaient exclure le policier accusé d'avoir poussé le jeune homme. Mais ils avaient commencé par nier en bloc toute responsabilité dans la chute du manifestant. Le parquet accuse même les carabineros d'avoir réalisé de fausses déclarations à la justice dans cette affaire. Des cadres de la police pourraient donc être inquiétés par la suite. Le policier accusé a en tout cas été placé en détention provisoire et mis en examen pour tentative d'homicide.

Tout cela embarrasse aussi le gouvernement de droite au pouvoir : cette semaine le président Sebastian Pinera a timidement exprimé sa solidarité envers la famille du manifestant blessé. Mais il a dans le même temps réaffirmé tout son soutien aux carabiniers.

Une procédure "d'impeachment" contre le ministre de l'Intérieur

Cette affaire a momentanément uni l'opposition au gouvernement de Sebastian Pinera. Les parlementaires de gauche demandent aussi la démission du directeur de la police, qui était déjà en poste avant le début du mouvement social. Difficile de dire si la procédure contre le ministre de l'Intérieur aboutira ou non, mais les politiques et la société civile craignent de fortes tensions dans les manifestations ce mois-ci, notamment pour le premier anniversaire du mouvement social le 18 octobre.

Freedom1/France info

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