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Syrie: le gâchis américain

On ne sait s’il faut s’en réjouir ou en pleurer. Le Congrès américain est sur le point d’autoriser l’administration Obama à armer et à entraîner les rebelles syriens dits modérés.
On ne sait s’il faut s’en réjouir ou en pleurer. Le Congrès américain est sur le point d’autoriser l’administration Obama à armer et à entraîner les rebelles syriens dits modérés. Les Etats-Unis prennent acte du fait que l’Etat islamique ne pourra pas être vaincu uniquement par des frappes aériennes. Et que le front est autant syrien qu’irakien. Barack Obama excluant l’envoi de troupes au sol, Washington cherche désespérément des supplétifs sur le terrain.
La décision, qui aurait pu produire un résultat il y a une année, après le gazage de milliers de civils dans la banlieue de Damas, est presque devenue sans objet. Tant la modération s’est dissoute dans l’enfer syrien. Les rebelles issus de la révolution ont été laminés sous les coups de boutoir de Bachar el-Assad. A mesure que le conflit pourrissait, il favorisait l’émergence de factions de plus en plus extrémistes, la Syrie attirant les djihadistes comme un aimant. Une aubaine pour le régime de Damas, qui répète en boucle qu’il fait face au «terrorisme».
Les Occidentaux ont toujours été très réticents à fournir des armes en Syrie de peur qu’elles ne tombent dans de mauvaises mains. Louable précaution. Sauf que les rebelles se sont tournés vers d’autres parrains moins scrupuleux dans les monarchies du Golfe.
C’est sur ce terreau qu’a prospéré l’Etat islamique. D’abord dans l’indifférence générale. Jusqu’à ce qu’il s’étende jusqu’aux portes de Bagdad, puis commence à décapiter ses otages américains et britannique.
A son corps défendant, Barack Obama doit renoncer en catastrophe à sa politique de retenue. Dans le meilleur des cas, le soutien à la rébellion syrienne offrira à cette dernière un peu d’oxygène, elle qui est prise entre le marteau baassiste et l’enclume djihadiste. Quant à défaire l’Etat islamique et mettre fin une bonne fois pour toutes à la guerre en Syrie, c’est une autre affaire. Elle nécessitera une stratégie à long terme, encore très loin d’être aboutie.
Par Simon Petite

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